fanny pratt
nov. 1991, Poitiers

instagram / bandcamp

john keats; on the sea
(king lear)

« This letter was written during Keats's brief holiday in Carisbrooke. It includes a discussion of Shakespeare & several beautiful descriptions of the landscape. »

(englishhistory.net)

« From want of regular rest, I have been rather narvus – & the passage in Lear – « Do you not hear the sea ? » – has haunted me intensely. »

« The first part of the sonnet (the octet) is richly onomatopoeic, the gentle mood of the sea being conveyed through soft sibilants (twelve ‘s’ sounds in the first three lines) and liquid vowel sounds – in phrases such as ‘eternal whisperings’, ‘shadowy sound’ and ‘gentle temper’. Another notable sea-sound is conveyed by ‘Gluts’ in line 3, the word enacting the sound of water not only filling the caverns but suggesting the noise as it does so.

Keats uses the Petrarchan sonnet form, with two abba quatrains, followed by a cde dec sestet. The repeated rhyme-scheme of the octet helps it capture the power, sounds and moods of the sea. The octet consists of just two long sentences. Their length and rhythm has a wave-like effect, further enhanced by the extensive use of enjambement. The first four lines run on without any punctuation marks to break up the flow. »

(crossref-it.info)

« The Sea becomes to us ‘the other’, personified and filled with the poet’s imagination. »

(beamingnotes.com)

michael fried; contre la théâtralité – du minimalisme à la photographie contemporaine; ed. gallimard, 2007

art et objectivité, 1967

— Tony Smith

« Ce qui semble avoir été révélé à Smith, cette nuit-là, c’est la nature picturale de la peinture même, pourrait-on dire, la nature conventionnelle de l’art. Et cela, Smith semble l’avoir perçu non pas comme ce qui met à nu l’essence de l’art, mais comme ce qui annonce sa fin. Comparé à l’autoroute non balisée, non éclairée et malgré tout dotée d’une structure – ou plus précisément à l’autoroute telle que l’appréhendait Smith au volant de sa voiture -, l’art a soudain pris la forme d’une chose absurdement petite («Tout art est aujourd’hui un art timbre-poste», a-t-il dit), circonscrite, conventionnelle. Il semble avoir perçu qu’il n’existait aucun moyen d’«encadrer» cette expérience, aucune manière de lui donner un sens artistique, d’en faire de l’art, du moins de ce qui passait alors pour tel. «Il faut le vivre», dit-il, comme il vient, tel qu’il est (seule l’expérience importe). Rien ne donne à penser que cela puisse être problématique. L’expérience, pour Smith, est quelque chose de parfaitement accessible à chacun, non seulement en principe mais aussi de fait, et la question ne se pose pas de savoir si oui ou non on l’a vécue. Que cette idée plaise à Smith, son éloge de Le Corbusier, «plus accessible» que Michel-Ange, en témoigne : «On éprouve immédiatement et de façon primitive, face au Palais de Justice de Chandigarh, ce qu’on éprouve quand on voit les Pueblos du Sud-Ouest dominés par une immense falaise. C’est quelque chose que n’importe qui peut comprendre.»

« D’un côté, l’autoroute, les pistes d’atterrissages et le terrain militaire n’appartiennent à personne ; mais de l’autre, la situation engendrée par la présence de Smith est, dans chacun des cas, ressentie par lui comme sienne. Qui plus est, la possibilité de poursuivre indéfiniment est, dans chaque cas, essentielle. Ce qui remplace l’objet – ce qui, si l’on transpose la situation à l’espace clos, se charge à la fois de tenir le spectateur à distance et de l’isoler, de faire de lui un sujet -, c’est avant tout le caractère interminable ou sans objet de la rampe d’accès, du défilement ou de la perspective. C’est le caractère explicite de l’expérience,  c’est-à-dire l’insistance avec laquelle elle se donne comme venant à lui de l’extérieur qui, en même temps qu’elle fait de lui un sujet – qu’elle l’instaure comme sujet -, instaure l’expérience comme expérience de l’objet, ou plutôt de l’objectité. »

mist net