Prometeo – Semaine #4

mercredi 13 janvier 2016

Cécile Le Talec

photoLeTalec Mon travail est conçu comme une aventure artistique qui explore les frontières entre le langage, la musique et l’espace. Les œuvres correspondent à des “explorations” polymorphes aux confins de la langue, du chant et du paysage. Mes explorations des langues sifflées m’ont conduite en Espagne (Iles Canaries/La Goméra), au Mexique (Etat de Oaxaca), en Chine (Province de Guizhou), explorations que jʼai poursuivies par des recherches autour des langues bourdonnées (chant dyphonique Tuva en Mongolie Russe) et enfin autour des instruments parlants (percussions Inde).
J’ai réalisé et produit des œuvres sonores et musicales autour de ces langues mélodiques qui entretiennent toutes, un rapport particulier avec la topographie du paysage dans lequel elles se parlent et sʼécoutent. Ces langues sans écriture se transmettent uniquement par voie orale. Ici, les «paroles se posent, sʼimposent»* et sʼexposent. Ces langues étrangement mélodiques constituent un véritable matériaux sonore. La parole lorsquʼelle nʼest pas intelligible et compréhensible devient un vecteur de communication non verbale… au-delà de la parole et du geste il y a la musique. Par mes rencontres avec des linguistes, des phonéticiens, des musiciens et des compositeurs, cette œuvre se nourrit du langage sifflé, bourdonné, tambouriné et construit des récits où le matériau mélodique est la matrice d’un ensemble de vidéos, sculptures, photographies, dessins, performances et pièces sonores.
Les œuvres correspondent à des “explorations” polymorphes aux confins de la langue, du chant et de lʼespace. Chaque exposition se présente comme un laboratoire où les œuvres, naissent dans les expériences entre le plastique et le mélodique, et se projettent dans les films/partitions : «prologue» 2005, « Inverse »2007, «the whispers» 2008, «arround the words» 2009, «chords cords» 2011 «echolalie» 2013. Ces images/partitions résonnent dans des instruments de musique/sculptures : de verre « Les impurs », un double instrument «alone together», une architecture caisse de résonance «salon de musique» et un tapis de fréquences «tapis symphonique». Les oiseaux vivants sont aussi convoqués dans les dispositifs et installations comme «opus 2» et génèrent leur propres mélodies dans la tapisserie sonore «panoramique polyphonique» 2013. Les ramifications du projet et les rencontres qu’ils génèrent se poursuivent, dans les dispositifs d’expositions : film et créations musicales donnent lieu à des collaborations avec des compositeurs pour la création dʼœuvres musicales originales de Leïleï Tian, pour «inverse» et «chords cords» et de Nicolas Frize pour “shitsue”. Les œuvres se présentent sous la forme de sculptures, photographies, vidéos, installations sonores et concerts/performances qui sont réalisées en regard, en écho, avec et autour de la langue… sifflée…chantée…parlée…murmurée…bourdonnée…tambourinée… _1030168