SIMON POCHET

Sensible aux questions de territorialité, de mémoire et d’environnement, je crée des pièces sonores et des installations, à la croisée du documentaire, du field recording et du musical, interrogeant ce qui relie les humains et les « lieux », la mémoire, le vivant et le rapport affectif que chacun entretient avec un paysage ou un espace de vie. Privilégiant des démarches de création participative, j’expérimente divers dispositifs de diffusion (parcours sonore, œuvres interactives). Impliqué dans plusieurs collectifs artistiques et d’éducation populaire, je suis notamment associé au Collectif Mu, et j’ai aussi collaboré dans mon parcours avec France Culture (ACR 2015). Depuis 2018, seul ou en collaboration, je mène des résidences de création et de médiation artistique sur différents territoires (PNR du Haut-Jura, Création en cours en Meuse, CLEA dans le Nord, Résidence 1+2 factory en Haute-Garonne, Regards du Grand Paris …).

simon.pochet[at]ensa-bourges.fr
Site Internet : simonpochet.cargo.site

 

PROJET DU POST-DIPLÔME 

BIVOUAC

La montagne a habité mon enfance, au pied des crêtes du Jura. Depuis que je suis revenu y vivre, près du massif de la Chartreuse, elle continue de me fasciner. Je pars régulièrement à sa rencontre pour connaître ses recoins et ses histoires, ses milieux et ses paysages, ses habitant.es, ses spécialistes et ses passionné.es.

Depuis quelques temps, je souhaite également en faire un terrain de recherche et d’expérimentation, faisant escale dans différents massifs, et associant à ma pratique du sonore diverses contributions (scientifiques, savoirs locaux), pour alimenter une fabrique d’imaginaires qui pourra prendre la forme d’une série d’installations et de dispositifs d’écoute dans l’espace. J’ai nommé ce projet Bivouac, et je souhaite le développer dans le cadre de dispositifs de résidence, sur des territoires situés en milieu montagnard.

Mon projet débute par le désir d’expérimenter différents dispositifs d’écoute et de prototypes d’installation sonore, permettant de porter une attention aux environnements, aux vivants, aux récits et aux imaginaires qui habitent les milieux montagnards, à travers la médiation de l’enregistrement sonore, du micro ouvert (écouté en temps réel dans un autre espace) ou de dispositifs acoustiques in-situ (parabole, pavillon). Des transducteurs (enceinte utilisant la matière sur laquelle elle est fixée comme caisse de résonance de la diffusion) pourront également être utilisés, pour imaginer des dispositifs d’écoute diffus où l’on ne repère pas les sources, agencées dans l’espace.

Dans le cadre du Post-Diplôme cette année à Bourges, c’est cette partie expérimentation technique que je souhaite avant tout développer.

Le reste devra se construire dans les lieux de bivouac.

La montagne, de ses hauteurs ou de la profondeur de ses vallées façonne l’imaginaire et l’identité de ses habitant.es ou de ses arpenteur.ses en tout genre. C’est à elles et eux que je souhaite tout d’abord m’adresser, comme des guides, pour entamer une collecte de récits et de savoirs situés.

Par des expériences plus solitaires d’arpentage et de prise de son de terrain (field recording), je désire parfaire ma rencontre avec les lieux, les vivants et les éléments qui l’habitent, les reliefs et la topographie.

La marche à pied et la randonnée collective sont également des ressources que je souhaite mobiliser. Actuellement en formation pour devenir accompagnateur en montagne, je veux faire de la marche à pied un médium artistique collectif et un instrument que je peux librement associer aux pratiques du sonore et à l’art de la rencontre.

Par la médiation de ces outils, les lieux identifiés, les objets et les récits collectés sur les territoires, deviennent des ressources que je souhaite mobiliser dans mes expérimentations sonores, qui pourront alors prendre des formes performatives ou programmées, narratives ou sensorielles, figées dans un espace d’écoute ou en déambulation.